À la fin du VIIIe siècle, les sujets du roi Offa de Mercie paient en pennies d’argent. Douze siècles plus tard, les Britanniques utilisent des pièces décimales et des billets en polymère portant les portraits d’Elizabeth II ou de Charles III. Entre ces deux époques, la livre a accompagné la conquête normande, les guerres des Plantagenêts, les manipulations monétaires des Tudors, la création de la Banque d’Angleterre, l’expansion de l’Empire britannique et les deux guerres mondiales.
La livre sterling est généralement présentée comme la plus ancienne monnaie encore utilisée. Cette ancienneté désigne la continuité d’un nom et d’un système de compte : aucune pièce du temps d’Offa ne pourrait évidemment servir aujourd’hui à payer un achat. Son poids de métal, ses subdivisions, ses billets et ses règles de change ont été transformés à de nombreuses reprises.
Longtemps avant de devenir une monnaie internationale, la livre fut une unité de poids, puis une unité de compte. Et pendant plusieurs siècles, on pouvait devoir une livre sans avoir jamais vu une pièce d’une livre : cette somme se comptait en pennies.
1 Les royaumes anglo-saxons du VIIIe au XIe siècle
Vers 775 le penny d’argent du roi Offa
Offa règne sur la Mercie de 757 à 796. Son royaume occupe une grande partie du centre de l’Angleterre actuelle. Dans la seconde moitié du VIIIe siècle, notamment autour des années 775, ses ateliers frappent des pennies d’argent dont la qualité et les portraits comptent parmi les réalisations importantes du monnayage anglo-saxon.
Offa n’invente ni la monnaie en Grande-Bretagne ni les premières pièces d’argent de l’époque anglo-saxonne. Des monnaies romaines, puis différentes émissions des royaumes anglo-saxons, l’ont précédé. Mais ses pennies occupent une place majeure dans la formation du système qui donnera naissance à la livre anglaise.
Le penny devient pour plusieurs siècles la principale pièce du royaume. Il sert aux échanges, au paiement des redevances et à la perception des impôts. Les sommes plus élevées sont exprimées en unités de compte, sans qu’il existe nécessairement une pièce correspondant à chacune de ces unités. [1]


La livre de poids et la livre de compte
Le nom anglais pound appartient à la même histoire que l’expression latine libra pondo, une livre en poids. Le mot libra explique également le symbole £ : un L stylisé, barré pour signaler une abréviation. On en trouve historiquement des versions à une ou à deux barres.
Dans le système médiéval qui se stabilise, une livre représente 240 pennies. Cette division est liée à la quantité de pièces que l’on tire d’un poids d’argent de référence. Elle ne signifie pas que chaque livre de compte correspondra, pendant douze siècles, à un poids inchangé d’argent pur : le poids des pièces, les étalons de pesée et les alliages évolueront.
La livre de la Tour de Londres, ou Tower pound, utilisée dans le monnayage anglais médiéval, pèse environ 350 grammes. Il faut distinguer ce poids d’alliage monétaire de la quantité d’argent fin qu’il contient. Le standard sterling, lorsqu’il s’impose, comprend 92,5 % d’argent et une petite proportion d’autres métaux.
Sur les marchés et dans les échanges importants, les balances permettent de vérifier les espèces. Une pièce usée, rognée ou d’un titre douteux peut être refusée ou acceptée avec une décote. Le portrait du souverain, le nom du monnayeur, le poids et le titre contribuent ensemble à son identification et à son acceptation.
L’or et l’argent limitent les possibilités de fabrication puisqu’il faut se procurer le métal. Ils ne garantissent pourtant pas une stabilité générale des prix : les arrivages de métal, les récoltes, les guerres et les changements de poids ou de titre peuvent aussi provoquer des hausses de prix.
Les Carolingiens et le système des 240 deniers
Le système anglais se développe dans un espace européen où les royaumes francs réorganisent eux aussi leur monnaie. Au VIIIe siècle, Pépin le Bref puis Charlemagne établissent et renforcent un compte fondé sur la livre, le sou et le denier. La réforme de Charlemagne de 793–794 en constitue une étape importante.
De part et d’autre de la Manche, on retrouve durablement la même relation de compte :
| Unité anglaise | Subdivision | Abréviation ancienne |
|---|---|---|
| 1 livre | 20 shillings ou 240 pence | £ |
| 1 shilling | 12 pence | s |
| 1 penny | 4 farthings | d |
Les lettres de l’ancien système, souvent écrit £ s. d., renvoient aux mots latins libra, solidus et denarius. Le solidus est notamment le nom d’une monnaie d’or introduite sous Constantin au IVe siècle ; le denarius celui du denier romain. Ces termes ont survécu dans les comptes médiévaux, sans que le système anglais soit la reproduction inchangée d’un système romain.
Le mot shilling a une origine germanique, apparentée à des termes comme skilling : il ne dérive pas du mot latin solidus. C’est son abréviation comptable, s, qui conserve le vocabulaire latin. De même, le penny s’abrège d, pour denarius, jusqu’à la décimalisation de 1971.
Faute de petites pièces en quantité suffisante, on coupe parfois un penny en deux ou en quatre. Le halfpenny vaut ainsi un demi-penny ; le farthing, un quart. Ces fractions seront aussi frappées comme pièces distinctes à différentes époques.
Æthelstan et l’unification monétaire au Xe siècle
Sous les souverains de la maison de Wessex, l’unification politique de l’Angleterre s’accompagne d’un contrôle croissant des ateliers monétaires. Æthelstan, qui règne de 924 à 939 et étend son autorité sur l’Angleterre en 927, intervient dans cette organisation.
Ses lois, généralement situées autour de 928, prescrivent une monnaie uniforme dans le royaume et encadrent les lieux où elle peut être frappée. Il réorganise un réseau d’ateliers déjà existant : il ne crée pas toutes les monnaies locales à partir de rien. Le nom du monnayeur et, de plus en plus, celui de l’atelier permettent de retrouver les responsables d’une émission. [2]
Une livre représente alors une somme considérable pour la plupart des habitants. On la rencontre plus facilement dans les comptes, les impôts et les paiements importants que dans les achats quotidiens. Les équivalences en bétail ou en bateaux parfois proposées demandent cependant une date et une source précises : il n’existe pas un pouvoir d’achat médiéval fixe de la livre.
À la fin du Xe siècle et au XIe siècle, les rois renouvellent régulièrement les types monétaires. La frappe et le remplacement des pièces sont des instruments de perception des revenus et de contrôle du territoire. Lorsque les Normands débarquent en 1066, ils trouvent un royaume disposant déjà d’une administration monétaire élaborée.
2 Les rois normands de 1066 à 1154
Guillaume le Conquérant conserve le système anglais
Après sa victoire à Hastings en 1066, Guillaume le Conquérant change les détenteurs du pouvoir, mais conserve l’essentiel de l’organisation monétaire anglaise. La livre reste divisée en 20 shillings et 240 pennies ; le penny d’argent demeure la principale pièce.
Les nouveaux souverains reprennent les ateliers, les monnayeurs et les pratiques administratives du royaume. Les pièces portent les noms et les représentations des rois normands. Les comptes continuent d’utiliser une livre qui existe surtout comme unité de calcul.
Cette permanence explique une partie de l’ancienneté attribuée à la sterling : les dynasties se succèdent sans que la conquête impose le remplacement complet de l’unité monétaire.
Noël 1124 et le châtiment des monnayeurs de Winchester
Sous Henri Ier, roi de 1100 à 1135, la qualité de la monnaie suscite de graves plaintes. Les récits de l’époque évoquent notamment les difficultés rencontrées pour faire accepter certaines pièces anglaises en Normandie.
À Noël 1124, les monnayeurs sont convoqués à Winchester. La répression se déroule pendant l’hiver 1124–1125. Les chroniques rapportent des amputations de la main droite et des castrations infligées à de nombreux artisans accusés d’avoir fabriqué une monnaie insuffisamment bonne. L’épisode est connu sous le nom d’Assize of the Moneyers.
La brutalité du châtiment est bien attestée dans les récits, mais le nombre exact des victimes et la responsabilité individuelle de chacun restent difficiles à établir. On ne peut pas transformer cette affaire en un décompte certain de la moitié ou de la majorité des monnayeurs du royaume. Elle montre en revanche la violence avec laquelle la Couronne pouvait sanctionner ceux qu’elle tenait pour responsables de la mauvaise monnaie. [3]
3 Les Plantagenêts et leurs successeurs de 1154 à 1485
Henri II et les réformes du penny
Henri II, premier roi Plantagenêt, règne de 1154 à 1189. En 1158, une refonte monétaire introduit le type de penny appelé aujourd’hui Tealby penny, du nom d’un important trésor découvert bien plus tard dans le Lincolnshire. Une autre réforme, en 1180, établit le penny à croix courte, le Short Cross penny.
L’argent sterling correspond au titre de 925 millièmes : 92,5 % d’argent et 7,5 % d’autres métaux, généralement du cuivre. L’alliage rend les pièces plus résistantes que si elles étaient faites d’argent presque pur. Le contrôle du titre et du poids contribue à la réputation de la monnaie anglaise.
La refonte des pièces permet de retirer des espèces abîmées, de rétablir un standard et d’identifier les émissions autorisées. Elle impose aussi des coûts et des contraintes aux détenteurs de monnaie.
Le nom sterling apparaît au Moyen Âge
Le mot sterling désigne d’abord la monnaie anglaise, notamment le penny, avant de s’étendre à la livre et au système monétaire. Son origine demeure discutée.
Une explication le rapproche d’une petite étoile figurant sur certains monnayages et du vieil anglais steorra. Une autre fait intervenir les Easterlings, marchands venus de l’est de l’Europe, souvent associés dans les récits populaires aux marchands germaniques et à la Hanse.
Ces hypothèses ne permettent pas d’affirmer qu’Henri II aurait adopté le titre de 92,5 % après avoir admiré les pièces de marchands hanséatiques venus acheter du bétail. Cette histoire doit rester présentée comme une tradition étymologique, et non comme un événement établi.
Le nom complet pound sterling distingue progressivement la livre anglaise d’autres livres. Aujourd’hui encore, on dit pound pour l’unité et sterling pour préciser la devise, notamment face à d’autres monnaies appelées livres, comme les livres égyptienne ou libanaise.
Henri III et Édouard III introduisent des monnaies d’or
L’augmentation des échanges crée un besoin de pièces de plus forte valeur. En 1257, Henri III tente de lancer un penny d’or évalué à 20 pennies d’argent. Le rapport retenu entre les deux métaux rend son utilisation peu attractive et l’expérience ne s’installe pas durablement. Il s’agit d’une première tentative de monnayage royal anglais d’or au Moyen Âge central, pas de la première pièce d’or jamais frappée dans l’île.
Sous Édouard III, roi de 1327 à 1377, le monnayage d’or connaît un développement plus solide. Après une première émission de florins d’or en 1344, rapidement abandonnée, le noble s’impose la même année. Il vaut 6 shillings et 8 pence, soit un tiers de livre.
Le penny reste utile aux paiements ordinaires, tandis que les pièces d’or facilitent les règlements de sommes plus importantes. Le royaume utilise désormais des espèces en or et en argent, dont la valeur relative doit être fixée par les autorités.
Cette coexistence entraîne des difficultés régulières : si le rapport officiel entre les deux métaux s’écarte des prix pratiqués à l’étranger, certaines pièces deviennent plus intéressantes à fondre ou à exporter qu’à dépenser en Angleterre. L’apparition des nobles n’équivaut donc pas à l’établissement de l’étalon-or du XIXe siècle.
Édouard Ier puis Édouard III font frapper le groat
Une pièce d’argent de 4 pence, le groat, est essayée dès 1279 sous Édouard Ier. Cette première émission ne s’impose pas durablement. Le groat est repris en 1351, sous Édouard III, et devient alors une dénomination beaucoup plus courante.
Dans l’Angleterre qui suit la peste noire de 1348–1349, cette pièce facilite les règlements plus élevés sans exiger l’emploi d’un grand nombre de pennies. Elle complète le monnayage d’or sans le remplacer. Les développements de 1344 et de 1351 élargissent ainsi la gamme des espèces disponibles. [14]
À la fin du XIIIe siècle, les activités de frappe londoniennes sont regroupées dans la Tour de Londres. La Royal Mint y restera pendant plusieurs siècles ; son histoire est néanmoins antérieure à cette installation et ne commence pas soudainement avec la conquête normande.
Rognage et faux monnayage à la fin du Moyen Âge
Le rognage consiste à retirer un peu de métal sur le bord des pièces, puis à remettre celles-ci en circulation. Répétée sur un grand nombre de pièces, l’opération permet de récupérer une quantité appréciable d’argent ou d’or. Elle laisse aux autres utilisateurs des pièces allégées.
Le faux monnayage et certaines formes d’altération des espèces relèvent de la haute trahison dans le droit anglais. Les peines peuvent être capitales. Les hommes sont notamment exposés à la pendaison, avec les formes aggravées prévues selon la qualification et l’époque ; les femmes peuvent être condamnées au bûcher.
Il faut distinguer les supplices prévus dans les textes de leur application effective. Tous les hommes condamnés pour rognage ne sont pas systématiquement écartelés. La répression n’en demeure pas moins particulièrement sévère et se prolonge bien au-delà du Moyen Âge.
4 Les Tudors de 1485 à 1603
Henri VII fait frapper le premier souverain en 1489
Henri VII fonde la dynastie Tudor après sa victoire à Bosworth en 1485. En 1489, il fait émettre une grande pièce d’or appelée sovereign, le souverain, d’une valeur de 20 shillings, donc d’une livre.
La distinction est importante : la livre de compte existe depuis des siècles avant l’apparition de cette pièce d’une livre. Le souverain d’Henri VII sert aussi à représenter la puissance royale, avec une image particulièrement travaillée du monarque.
Vers 1504, à la fin de son règne, apparaît également le testoon, une pièce d’argent valant un shilling, dont le nom renvoie à la tête du souverain. Le portrait de profil s’inscrit dans le renouvellement artistique du monnayage à la Renaissance. Sa frappe se développe sous Henri VIII. Le shilling, longtemps simple unité de compte de douze pennies, possède ainsi sa propre pièce.

Henri VIII et le Grand Avilissement des années 1540
Henri VIII règne de 1509 à 1547. Ses guerres contre la France et l’Écosse, ses dépenses de cour et les besoins de son gouvernement pèsent lourdement sur les finances royales.
Dans les années 1540, et surtout à partir de 1544, la Couronne réduit fortement la quantité de métal précieux contenue dans les pièces. C’est le Grand Avilissement, ou Great Debasement. Avec une même quantité d’argent, les ateliers peuvent fabriquer davantage de pièces et procurer un revenu supplémentaire au roi.
Le titre de certaines monnaies d’argent tombe d’environ 92,5 % à un tiers sous Henri VIII. L’avilissement se poursuit sous son fils Édouard VI, roi de 1547 à 1553, jusqu’à atteindre, pour certaines émissions de 1551, environ un quart d’argent.
Sur les testoons dégradés, l’usure fait apparaître le cuivre sous la surface argentée. Le relief du nez du roi est particulièrement exposé : cette particularité est à l’origine de son surnom Old Coppernose, le « vieux nez de cuivre ».
Les conséquences se font sentir dans les prix et dans les échanges : les bonnes espèces sont recherchées, tandis que les pièces dégradées suscitent la méfiance. Cette dégradation contribue à l’inflation de l’époque, sans expliquer à elle seule toutes les hausses de prix du XVIe siècle. [4]
Elizabeth Ire rétablit la monnaie en 1560 et 1561
Les premières mesures de retour à une meilleure monnaie interviennent dès la fin du règne d’Édouard VI. Mais c’est sous Elizabeth Ire, reine de 1558 à 1603, qu’une grande refonte, en 1560–1561, retire les espèces avilies et rétablit une monnaie d’argent au titre sterling.
L’opération exige de récupérer, de trier et de refondre les anciennes pièces. Elle restaure la qualité des espèces, mais ne fait pas disparaître d’un coup les conséquences économiques des années précédentes et ne ramène pas automatiquement tous les prix à leur ancien niveau.
Le règne voit aussi des essais de frappe mécanique. Ces procédés offrent des pièces plus régulières que la frappe au marteau, mais leur généralisation prendra encore un siècle.
5 Les Stuarts et la naissance de la Banque d’Angleterre de 1603 à 1714
Jacques VI et Ier réunit les couronnes en 1603
À la mort d’Elizabeth Ire en 1603, Jacques VI d’Écosse devient également Jacques Ier d’Angleterre. Les deux royaumes ont désormais le même souverain, mais conservent leurs institutions et leurs monnaies.
La livre écossaise, ou pound Scots, ne vaut pas la livre sterling. Elle s’est dépréciée au fil des siècles et le rapport retenu au début du XVIIe siècle est de 12 livres écossaises pour 1 livre sterling. L’union des couronnes ne suffit donc pas à créer immédiatement une monnaie unique.
Au XVIIe siècle les reçus des orfèvres deviennent des moyens de paiement
À Londres, des orfèvres-banquiers reçoivent en dépôt des pièces et des métaux précieux. Ils délivrent des reçus écrits qui permettent au déposant de récupérer ses fonds. Certains de ces documents deviennent transférables : au lieu de retirer les pièces, on remet le reçu à un autre bénéficiaire.
Ces pratiques contribuent au développement du papier bancaire anglais. Elles précèdent la fondation de la Banque d’Angleterre : celle-ci n’invente donc pas à elle seule tous les usages du billet en Grande-Bretagne.
Le papier facilite les paiements élevés sans transporter autant de métal. Son acceptation dépend cependant de la capacité de la banque émettrice à tenir sa promesse de remboursement.
Charles II généralise la frappe mécanique
Après les guerres civiles, l’exécution de Charles Ier en 1649 et la période républicaine, la monarchie est restaurée en 1660 avec Charles II.
À partir de 1662–1663, la frappe mécanique devient la méthode normale de production des monnaies royales. Les pièces ont des formes et des tranches plus régulières. Le rognage devient plus visible, même si les anciennes pièces frappées au marteau continuent longtemps de circuler.
En 1663 apparaît la guinée, pièce d’or dont le nom rappelle les approvisionnements en métal provenant de la côte de Guinée, en Afrique de l’Ouest. D’abord évaluée à 20 shillings, elle change de valeur au gré du rapport entre les métaux avant d’être fixée à 21 shillings en 1717. [5]
Guillaume III et Marie II fondent la Banque d’Angleterre en 1694
Après la révolution de 1688, Guillaume III et Marie II occupent le trône. L’Angleterre participe à la guerre de la Ligue d’Augsbourg contre la France de Louis XIV. Le gouvernement cherche des ressources pour financer les opérations militaires et la flotte.
En 1694, des souscripteurs réunissent 1,2 million de livres prêtées au gouvernement. Ils obtiennent en contrepartie une charte constituant la Banque d’Angleterre. L’établissement est alors détenu par des actionnaires privés.
La banque reçoit des dépôts et émet des billets. Les premiers sont en partie manuscrits, signés par un caissier, et peuvent porter des montants irréguliers exprimés en livres, shillings et pence.
La promesse de paiement figurant encore sur les billets modernes vient de cette histoire. À l’origine, elle renvoie au remboursement du papier en espèces métalliques. Aujourd’hui, elle ne donne plus le droit de demander de l’or : la Banque échange ses billets selon leur valeur nominale.
L’émission des billets ouvre aussi de nouvelles possibilités de fraude. Le papier, les signatures et les gravures deviennent à leur tour des éléments à protéger contre les faussaires.
Isaac Newton participe à la grande refonte de 1696
Dans les années 1690, une grande partie des anciennes pièces d’argent est usée ou rognée. Les autorités lancent la grande refonte de 1696, la Great Recoinage, pour les remplacer par des espèces de plein poids frappées mécaniquement.
Isaac Newton est nommé Warden of the Mint en 1696, puis Master of the Mint en 1699. Le savant s’occupe concrètement de l’administration monétaire, des essais métalliques et de la lutte contre les faussaires. La refonte améliore les pièces, mais elle coûte cher et provoque des perturbations dans la circulation.
Newton recueille des témoignages, interroge des suspects et rassemble des preuves contre les contrefacteurs. Son adversaire le plus célèbre est William Chaloner, condamné puis pendu à Tyburn en 1699. Newton intervient comme enquêteur et responsable de la Monnaie ; les condamnations sont prononcées par les tribunaux. [6]
La reine Anne et l’union monétaire de 1707
En 1707, sous la reine Anne, les actes d’Union créent le royaume de Grande-Bretagne. L’Angleterre et l’Écosse ne partagent plus seulement un souverain : elles forment désormais un même royaume avec un Parlement commun.
L’union impose l’alignement du monnayage écossais sur le standard anglais. Les anciennes espèces sont rappelées et converties selon le rapport de douze livres écossaises pour une livre sterling.
L’Écosse conserve néanmoins ses institutions bancaires. La Bank of Scotland, fondée en 1695, puis la Royal Bank of Scotland, créée en 1727, participent à une tradition d’émission de billets qui subsiste aujourd’hui. Une monnaie commune n’entraîne donc pas la disparition de toutes les particularités bancaires écossaises.
6 Les Hanovre de 1714 à 1837
George Ier et la guinée de 21 shillings en 1717
La maison de Hanovre accède au trône en 1714 avec George Ier. Newton reste à la tête de la Monnaie et remet, en 1717, un rapport sur les monnaies d’or et d’argent.
Sur sa recommandation, la valeur de la guinée est abaissée de 21 shillings et 6 pence à 21 shillings. Cette baisse ne suffit pourtant pas à supprimer complètement la surévaluation de l’or par rapport à l’argent dans le monnayage britannique.
Les bonnes pièces d’argent restent avantageuses à fondre ou à exporter, tandis que l’or demeure attractif pour les paiements dans le pays. La circulation britannique s’oriente ainsi progressivement vers l’or. Newton ne décrète pas en une journée l’étalon-or moderne : la réforme de 1717 constitue une étape d’une évolution qui recevra une base législative au XIXe siècle. [7]
La guinée vaut désormais une livre et un shilling, soit 1,05 livre dans le système décimal. Il s’agit d’une équivalence de subdivision, pas d’une estimation de son pouvoir d’achat actuel. Même après la disparition de la pièce dans la circulation ordinaire, le prix en guinées reste employé dans certaines professions, les ventes d’art, le luxe et les transactions portant sur des chevaux.
George III et les guerres contre la France de 1793 à 1815
Sous George III, roi de 1760 à 1820, les guerres contre la France révolutionnaire puis napoléonienne exigent des financements considérables. Les dépenses militaires et les sorties d’or mettent la Banque d’Angleterre sous pression.
En 1797, dans un contexte de crainte d’invasion et de demandes de retrait, la conversion des billets en or est suspendue. C’est le début de la Restriction Period, qui se prolonge jusqu’en 1821.
Les billets continuent de circuler, mais leurs porteurs ne peuvent plus obtenir normalement leur remboursement en or. Leur valeur et les conditions d’un retour à la convertibilité alimentent des débats au Parlement et parmi les économistes.
Cette période constitue une rupture importante dans l’histoire de la livre. Bien avant 1914, le Royaume-Uni a déjà connu plus de vingt années pendant lesquelles les billets ne sont pas librement convertibles en or.


Les réformes de 1816 et 1817 établissent le souverain moderne
Après la défaite de Napoléon, le Coinage Act de 1816 réorganise le système monétaire. L’or devient l’étalon principal. Les pièces d’argent sont des monnaies divisionnaires : leur valeur nominale est supérieure à la valeur marchande du métal qu’elles contiennent et leur pouvoir libératoire est limité.
En 1817, un nouveau souverain d’or d’une valeur d’une livre est mis en circulation. Il remplace la guinée comme principale pièce d’or du système. Il reprend le nom de la pièce des Tudors, mais avec des caractéristiques différentes.
Le souverain moderne pèse environ 7,99 grammes, au titre de 22 carats, soit environ 7,32 grammes d’or fin. Son célèbre revers représentant saint Georges terrassant le dragon est dû au graveur Benedetto Pistrucci.
En 1821, sous George IV, la conversion des billets en or reprend pleinement. La définition métallique de la livre servira de référence jusqu’aux bouleversements de 1914, puis sera brièvement rétablie de 1925 à 1931. [8]

7 Victoria et la puissance internationale de la livre de 1837 à 1901
Londres au centre du commerce et des paiements
Le règne de Victoria, de 1837 à 1901, correspond à une grande partie de l’expansion industrielle, commerciale et impériale britannique. L’Empire atteindra environ un quart des terres émergées à son extension maximale, après la Première Guerre mondiale.
Londres finance le commerce, les transports et les investissements bien au-delà du Royaume-Uni. Les banques, les assureurs et les maisons de commerce de la City traitent les paiements et les crédits liés aux échanges internationaux. Des lettres de change en livres circulent entre négociants de différents continents.
Le souverain d’or est frappé en très grand nombre et voyage dans l’Empire et au-delà. Son poids connu et son titre facilitent son acceptation dans les ports, les banques et les grands marchés, de l’Asie à l’Amérique du Sud.
La sterling devient la principale monnaie du financement du commerce et des réserves internationales de l’époque. Sa place repose à la fois sur la convertibilité en or, le commerce britannique et la profondeur des marchés de Londres. Les pourcentages parfois avancés sur sa part du « commerce mondial » varient selon que l’on mesure la facturation, le financement ou le règlement : ils ne doivent pas être confondus.
Le Bank Charter Act de 1844 encadre les billets
Le Bank Charter Act de 1844, adopté sous le gouvernement de Robert Peel, sépare à la Banque d’Angleterre le département d’émission des billets du département bancaire. Il encadre la quantité de billets pouvant être émise sans couverture métallique selon les règles prévues par la loi.
La réforme renforce la position de la Banque d’Angleterre dans l’émission des billets en Angleterre et au pays de Galles. Elle ne supprime ni la monnaie de dépôt créée par les banques commerciales, ni toutes les traditions d’émission dans les autres parties du Royaume-Uni.
L’étalon-or et la stabilité des changes
Lorsqu’un pays définit sa monnaie par un poids d’or, les parités avec les autres monnaies-or peuvent être calculées à partir de leurs contenus métalliques. La livre et le dollar entretiennent ainsi une parité d’environ 4,86 dollars pour une livre.
Ce système réduit certaines incertitudes de change pour les commerçants et les investisseurs. Il n’empêche ni les crises bancaires, ni les récessions, ni les variations du coût de la vie. Une livre définie par un poids constant d’or ne garantit pas qu’une même somme achète toujours la même quantité de nourriture ou paie toujours le même loyer.
Les pièces et les mots du quotidien victorien
Les Britanniques comptent toujours en livres, shillings et pence. Plusieurs pièces et expressions deviennent familières :
| Nom | Valeur avant 1971 |
|---|---|
| Farthing | Un quart de penny |
| Halfpenny | Un demi-penny |
| Threepence | 3 pence |
| Sixpence ou tanner | 6 pence |
| Shilling ou bob | 12 pence |
| Florin | 2 shillings |
| Demi-couronne ou half crown | 2 shillings et 6 pence |
| Couronne ou crown | 5 shillings |
| Souverain d’or | 1 livre ou 20 shillings |
| Guinée comme unité de prix | 1 livre et 1 shilling |
Le florin, introduit en 1849, vaut un dixième de livre : il constitue un premier pas vers une éventuelle décimalisation, plus d’un siècle avant sa réalisation. Quant au mot quid, il désigne familièrement la livre et survivra à la disparition des shillings.
8 Édouard VII et George V de 1901 à 1936
De la maison de Saxe-Cobourg-Gotha à celle de Windsor
En 1901, Édouard VII succède à Victoria. Il appartient à la maison de Saxe-Cobourg-Gotha, par son père, le prince Albert. Son fils George V lui succède en 1910.
En 1917, pendant la guerre contre l’Allemagne, George V adopte le nom de Windsor pour la famille royale. Ce changement dynastique se produit alors que la Première Guerre mondiale a déjà profondément transformé les finances britanniques.
En 1914 l’or quitte la circulation quotidienne
Au début de la Première Guerre mondiale, le gouvernement doit financer l’armée, la flotte, les approvisionnements et les achats à l’étranger. Les paiements internationaux sont perturbés et l’or devient une ressource à préserver.
À partir d’août 1914, les mécanismes ordinaires de l’étalon-or sont interrompus. Des billets du Trésor de 1 livre et de 10 shillings sont émis pour remplacer dans les paiements courants les pièces d’or qui disparaissent progressivement des poches. Ces billets du Trésor sont surnommés Bradburys, d’après la signature de John Bradbury qu’ils portent.
La guerre est financée par l’impôt, l’emprunt et l’expansion des moyens de paiement. Elle accroît considérablement la dette publique et la dépendance financière envers les États-Unis. La position internationale de la livre en sort affaiblie.
Churchill rétablit la parité d’avant-guerre en 1925
En 1925, Winston Churchill, alors chancelier de l’Échiquier, rétablit l’étalon-or à la parité d’avant-guerre, autour de 4,86 dollars pour une livre.
Le retour s’effectue sous une forme différente de celle d’avant 1914 : la conversion porte sur de gros lingots, et non sur la remise courante de souverains aux particuliers. Les pièces d’or ne reprennent pas leur place habituelle dans les achats quotidiens.
Le niveau retenu pour la livre est vivement contesté. John Maynard Keynes estime qu’il surévalue la monnaie britannique et oblige l’économie à s’ajuster par une baisse des coûts et des salaires. Il expose sa critique dans Les Conséquences économiques de M. Churchill.
La pression sur les exportations et les industries comme le charbon contribue aux tensions sociales qui culminent avec la grève générale de 1926. Cette crise a plusieurs causes ; le retour à l’ancienne parité en est un facteur important, pas une explication unique.
Le 21 septembre 1931 le Royaume-Uni abandonne l’or
La crise mondiale, les sorties de capitaux et la perte de réserves rendent la défense de la parité insoutenable. Le 21 septembre 1931, le Royaume-Uni suspend de nouveau la convertibilité en or. Cette fois, le retour à l’ancien système n’aura pas lieu.
La livre se déprécie fortement au cours des mois suivants. Il s’agit d’un mouvement de marché après l’abandon de la parité, et non d’une baisse administrative uniforme de 25 % appliquée instantanément.
Des pays et territoires liés à Londres maintiennent leurs réserves et leurs relations de change en sterling. Cet ensemble forme progressivement la zone sterling. La livre conserve ainsi un rôle international important après la fin de l’étalon-or.
En 1932, l’Exchange Equalisation Account donne aux autorités britanniques un instrument pour intervenir sur le marché des changes et atténuer certains mouvements de la monnaie.

9 George VI et le passage à un système dominé par le dollar de 1936 à 1952
La Seconde Guerre mondiale épuise les ressources britanniques
George VI monte sur le trône en 1936, après l’abdication d’Édouard VIII. À partir de 1939, la guerre mobilise à nouveau les ressources financières du pays.
Le Royaume-Uni vend des actifs, utilise ses réserves, s’endette et reçoit une aide américaine majeure. À partir de 1941, le Prêt-Bail permet la fourniture de matériels et d’approvisionnements par les États-Unis. Ce programme ne doit pas être assimilé à un simple prêt bancaire classique ; il se distingue notamment des emprunts négociés après la guerre.
À la victoire de 1945, le pays conserve une forte influence diplomatique et militaire, mais sa situation financière ne permet plus à la livre d’occuper la place qui était la sienne avant 1914.

Bretton Woods en 1944
En juillet 1944, les représentants des pays alliés réunis à Bretton Woods élaborent un nouvel ordre monétaire. Keynes défend notamment un projet d’unité internationale de compensation, le bancor. Le dispositif finalement adopté donne une place centrale au dollar et crée le cadre du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.
Dans le système mis en place après la guerre, les monnaies ont des parités fixes mais ajustables. Le dollar est convertible en or pour les autorités monétaires étrangères, à raison de 35 dollars l’once d’or fin. La livre est fixée à environ 4,03 dollars.
La prééminence du dollar se consolide ainsi, mais le remplacement de la livre comme première monnaie internationale est un processus engagé depuis plusieurs décennies, pas un basculement survenu en une seule séance à Bretton Woods.
Nationalisation en 1946 et crise de convertibilité en 1947
La Banque d’Angleterre est nationalisée en 1946. Après plus de deux siècles et demi de propriété privée, elle appartient à l’État.
En 1947, le Royaume-Uni tente de rétablir la convertibilité de la livre pour les paiements courants, dans le cadre de ses engagements financiers d’après-guerre. La demande de dollars épuise rapidement les réserves et l’expérience est suspendue après quelques semaines.
La dévaluation du 18 septembre 1949
Le 18 septembre 1949, le gouvernement abaisse la parité de la livre de 4,03 à 2,80 dollars, soit une réduction d’environ 30,5 %. Plusieurs monnaies liées à la sterling suivent le mouvement.
Cette étape explique le taux de 2,80 dollars que le pays défendra ensuite pendant presque dix-huit ans. Elle est indispensable pour comprendre la dévaluation suivante, celle de 1967.
10 Elizabeth II de 1952 à 1979
Le portrait de la reine apparaît sur les billets en 1960
Elizabeth II accède au trône en 1952. Son portrait figure sur les nouvelles pièces à partir de 1953, mais il faut attendre le 17 mars 1960 pour qu’elle apparaisse sur un billet de la Banque d’Angleterre.
Elle est le premier monarque représenté sur les billets de cet établissement. Son visage n’y a donc pas figuré pendant les soixante-dix années entières de son règne, contrairement à ce que laisse parfois entendre le souvenir de ses portraits successifs. En 1970, un billet de 20 livres représentant Shakespeare inaugure la série de personnages historiques au revers.
Harold Wilson et la livre dans la poche en 1967
Les déséquilibres extérieurs, les pertes de réserves et les attaques spéculatives rendent difficile le maintien de la parité de 2,80 dollars. Le 18 novembre 1967, le gouvernement travailliste d’Harold Wilson dévalue la livre de 2,80 à 2,40 dollars, soit environ 14,3 %.
Le lendemain, Wilson explique à la télévision que cela ne signifie pas que la livre dans la poche, le porte-monnaie ou la banque des Britanniques a été dévaluée. La formule restera attachée à sa carrière.
Il distingue la valeur extérieure de la monnaie du montant inscrit sur un billet ou un compte : une livre reste une livre dans les paiements nationaux. Mais les produits importés deviennent plus coûteux en sterling, ce qui peut affecter progressivement les prix et le niveau de vie. C’est cette conséquence que les critiques de son intervention mettent en avant.
Le 15 février 1971 les 240 pennies deviennent 100 pence
Le gouvernement annonce en 1966 sa décision de décimaliser la monnaie ; une première loi est adoptée en 1967. Le changement exige plusieurs années de préparation pour les banques, les commerçants, les caisses enregistreuses, les comptes et le public.
Le 15 février 1971, le Decimal Day, la livre est conservée, mais elle se divise désormais en 100 nouveaux pence, au lieu de 240 anciens pennies. La nouvelle abréviation p remplace le d des anciens pence.
| Ancienne valeur | Nouvelle valeur |
|---|---|
| 1 livre ou 20 shillings | 100 nouveaux pence |
| 10 shillings | 50 nouveaux pence |
| 2 shillings ou 1 florin | 10 nouveaux pence |
| 1 shilling | 5 nouveaux pence |
La réforme s’accompagne de campagnes d’information, de programmes télévisés, de documents pédagogiques et de la production de très grandes quantités de pièces. Certaines nouvelles pièces circulent avant le jour officiel pour faciliter la transition.
Les anciennes espèces ne disparaissent pas toutes en une nuit. Les shillings et florins, équivalant à 5p et 10p, restent utilisables pendant des années. D’autres mots s’effacent progressivement des achats quotidiens ; quid, lui, reste d’usage courant.

En juin 1972 la livre devient flottante
En août 1971, les États-Unis suspendent la conversion officielle du dollar en or. Les efforts pour maintenir un système international de parités fixes ne rétablissent pas durablement l’ancien fonctionnement de Bretton Woods.
Le Royaume-Uni laisse la livre flotter le 23 juin 1972. Son cours varie désormais selon les achats et les ventes sur le marché, les taux d’intérêt, l’inflation, le commerce et les mouvements de capitaux.
Les autorités peuvent encore intervenir, mais elles ne promettent plus de maintenir en permanence une parité unique contre le dollar. Ce flottement précède de vingt ans le Mercredi noir de 1992.
L’entrée dans la Communauté européenne en 1973 et le FMI en 1976
Le Royaume-Uni entre dans la Communauté économique européenne le 1er janvier 1973. Il poursuivra ensuite sa participation à la construction européenne tout en conservant sa monnaie.
Les années 1970 sont marquées par les chocs pétroliers, une forte inflation, les conflits sociaux et les inquiétudes concernant les finances publiques. La livre connaît d’importantes fluctuations.
En 1976, le gouvernement de James Callaghan négocie avec le Fonds monétaire international un programme d’aide associé à des engagements de politique économique. Le crédit demandé atteint 3,9 milliards de dollars, souvent présenté à l’époque comme l’équivalent d’environ 2,3 milliards de livres. L’accord est approuvé par le FMI le 3 janvier 1977. Cet épisode devient l’un des symboles des difficultés britanniques de l’après-guerre. [15]

11 Elizabeth II du pétrole de la mer du Nord à l’euro de 1979 à 1999
Les années Thatcher et les transformations de la City
L’exploitation du pétrole de la mer du Nord prend une importance croissante dans les années 1970 et 1980. Les recettes pétrolières et les perspectives d’exportation influencent l’appréciation de la livre sur les marchés.
À partir de 1979, les gouvernements de Margaret Thatcher conduisent une politique de lutte contre l’inflation et de transformation de l’économie, fortement influencée à ses débuts par le monétarisme. Le taux minimal de prêt de la Banque d’Angleterre atteint 17 % en novembre 1979. [16] Les taux d’intérêt élevés peuvent soutenir la monnaie, tandis qu’une livre forte complique la situation des exportateurs. Le pétrole ne suffit pas à expliquer tous les mouvements de change : la récession et les flux financiers internationaux jouent également un rôle.
Le Big Bang du 27 octobre 1986, qui réforme le fonctionnement de la Bourse de Londres, accélère la transformation de la City et l’internationalisation de ses établissements. Les échanges de sterling s’intègrent à des marchés financiers de plus en plus mondiaux.
Dans les poches aussi, les pièces changent : la 20p apparaît en 1982 et la pièce ronde de 1 livre en 1983. Ces modifications de la monnaie matérielle sont distinctes des variations de son taux de change.
En 1985 la livre approche la parité avec le dollar
Au début de 1985, la forte appréciation du dollar entraîne la livre vers 1,05 dollar, un niveau alors exceptionnellement bas dans l’histoire de son cours flottant. Cette évolution s’inscrit dans une hausse internationale du dollar et ne se réduit pas aux seules difficultés britanniques.
À l’automne, les grandes puissances monétaires concluent l’accord du Plaza du 22 septembre 1985, destiné à favoriser une baisse du dollar. L’épisode rappelle que le cours GBP/USD dépend des deux monnaies de la paire, et pas seulement de la situation du Royaume-Uni.
En octobre 1990 la livre rejoint le mécanisme de change européen
Le 8 octobre 1990, le Royaume-Uni entre dans le mécanisme de change européen, ou MCE, souvent désigné par l’abréviation anglaise ERM. La livre doit rester dans une bande autour de cours convenus avec les autres monnaies participantes. Le cours central est de 2,95 deutsche marks pour une livre, avec une marge de fluctuation autorisée autour de cette référence.
Le gouvernement cherche ainsi à stabiliser le change et à renforcer la lutte contre l’inflation. Mais le niveau d’entrée devient difficile à soutenir. Le Royaume-Uni connaît une récession, tandis que la réunification allemande contribue au maintien de taux d’intérêt élevés en Allemagne.
Le Mercredi noir du 16 septembre 1992
Le 16 septembre 1992, les ventes de livres s’intensifient. Le Trésor et la Banque d’Angleterre mobilisent des réserves pour soutenir le cours. Le gouvernement relève les taux de 10 à 12 %, puis annonce une nouvelle hausse à 15 %.
La défense échoue et le Royaume-Uni suspend sa participation au mécanisme le soir même. La hausse annoncée à 15 %, qui devait prendre effet le lendemain, est annulée : ce taux n’est donc pas devenu le taux effectivement appliqué. [9]
George Soros et son fonds figurent parmi les acteurs les plus connus à avoir vendu massivement la livre en anticipant l’échec de la défense. La stratégie consiste notamment à emprunter des livres, les vendre puis les racheter moins cher après leur baisse. Le gain associé à cette opération est couramment estimé autour d’un milliard de dollars, ce qui vaut à Soros le surnom d’« homme qui a fait sauter la Banque d’Angleterre ». Il n’est toutefois ni le seul spéculateur ni la cause unique de la crise.
La sortie est un lourd échec politique pour le gouvernement de John Major. Elle permet aussi l’assouplissement ultérieur des taux d’intérêt et contribue au changement de cadre de la politique monétaire.
Le ciblage de l’inflation puis l’indépendance opérationnelle en 1997
Dès octobre 1992, le Royaume-Uni adopte un objectif explicite d’inflation. La politique monétaire s’organise désormais autour de cet objectif plutôt que de la défense d’une parité européenne.
Le 6 mai 1997, le nouveau chancelier de l’Échiquier, Gordon Brown, annonce l’indépendance opérationnelle de la Banque d’Angleterre en matière de taux d’intérêt. Le Monetary Policy Committee, ou MPC, prend les décisions nécessaires pour atteindre l’objectif fixé par le gouvernement.
L’indépendance ne signifie ni privatisation de la banque ni liberté de choisir seule toutes ses missions. Le gouvernement conserve la responsabilité de définir l’objectif ; la Banque dispose de l’autonomie nécessaire pour déterminer les instruments permettant de le poursuivre. En 1997, la cible est de 2,5 % sur l’indice RPIX, qui exclut les intérêts hypothécaires. C’est en décembre 2003 que la référence devient 2 % sur l’indice des prix à la consommation, le CPI. Attribuer directement cette cible de 2 % à la décision de 1997 confond donc deux étapes. [17]
Le Royaume-Uni conserve la livre lors de la création de l’euro
Le traité de Maastricht, signé en 1992, prévoit pour le Royaume-Uni une exemption lui permettant de ne pas participer à la dernière étape de l’union monétaire.
Lorsque l’euro commence à exister en 1999 comme monnaie des comptes et des marchés, puis lorsque ses billets et pièces arrivent en 2002, le Royaume-Uni conserve la sterling. Il est alors membre de l’Union européenne : le maintien de la livre ne signifie donc pas qu’il serait resté en dehors de l’Union.
Une nouvelle pièce bimétallique de 2 livres entre dans la circulation courante en 1998, complétant la gamme des pièces décimales.
12 La fin du règne d’Elizabeth II et le Brexit de 2000 à 2022
La crise bancaire de 2008
La crise de Northern Rock en 2007, puis celle des grandes banques en 2008, entraînent des interventions publiques et une forte baisse de la livre. Après des cours proches de 2 dollars en 2007 et encore pendant une partie de 2008, elle se retrouve autour de 1,45 dollar fin 2008. La Banque d’Angleterre abaisse ses taux et engage en 2009 des achats d’actifs à grande échelle, l’assouplissement quantitatif.
Le référendum du Brexit des 23 et 24 juin 2016
Le 23 juin 2016, les électeurs britanniques choisissent de quitter l’Union européenne. Le résultat se précise pendant la nuit et provoque, le 24 juin, l’un des mouvements de change les plus brutaux de l’histoire récente de la livre.
Les marchés avaient davantage envisagé une victoire du maintien dans l’Union. Avant que les résultats soient établis, la devise était remontée vers 1,50 dollar. Elle retombe ensuite nettement sous 1,40 dollar. Entre certains points hauts et points bas de la nuit, la baisse dépasse 10 % ; la variation d’une clôture quotidienne à l’autre donne un pourcentage différent.
Le vote ouvre plusieurs années de négociations et d’incertitude sur les échanges commerciaux, l’investissement et les relations avec les partenaires européens. La livre réagit aux annonces, mais aussi aux taux d’intérêt et à l’évolution du dollar : elle ne se fixe pas à un nouveau cours permanent.
Le 7 octobre 2016, un flash crash pendant la séance asiatique provoque une chute supplémentaire très rapide, suivie d’un rebond partiel. La BRI mesure environ 9 % sur l’épisode étudié, plus large que les deux minutes souvent citées pour une baisse de 6 %. La faible liquidité du marché et l’enchaînement des ordres amplifient le mouvement. [18]
Le Royaume-Uni quitte officiellement l’Union européenne le 31 janvier 2020 ; la période de transition s’achève le 31 décembre 2020. Cette sortie ne rétablit pas une monnaie nationale qui aurait disparu : le pays avait conservé la livre pendant toute son appartenance à l’Union. Il continue avec une monnaie flottante et une politique monétaire conduite par la Banque d’Angleterre.
Les billets en polymère de 2016 à 2021
La Banque d’Angleterre remplace ses billets en papier à base de coton par du polymère, plus durable et doté de fenêtres transparentes, d’éléments métalliques, d’hologrammes et d’impressions en relief. Ces protections compliquent la contrefaçon sans la rendre impossible.
| Coupure | Personnage au revers | Première émission en polymère |
|---|---|---|
| 5 livres | Winston Churchill | 13 septembre 2016 |
| 10 livres | Jane Austen | 2017 |
| 20 livres | J. M. W. Turner | 2020 |
| 50 livres | Alan Turing | 2021 |
En 2017, la pièce de 1 livre à douze côtés remplace le modèle rond de 1983, notamment pour mieux résister aux contrefaçons.
13 Charles III depuis 2022
La succession et les billets de 2024
Charles III succède à Elizabeth II le 8 septembre 2022. Quelques semaines plus tard, le programme fiscal du gouvernement de Liz Truss provoque une crise : le 26 septembre, la livre tombe brièvement autour de 1,035 dollar. Le 28 septembre, la Banque d’Angleterre annonce des achats temporaires d’obligations publiques pour stabiliser ce marché, notamment face aux difficultés de certains fonds de pension. Cette intervention porte sur les obligations, et non sur la défense directe d’une parité de change. [19]
Les billets au portrait de Charles III entrent en circulation le 5 juin 2024, avec les mêmes personnages au revers. Ceux d’Elizabeth II restent valables : leur remplacement progressif limite les coûts et l’impact environnemental. [10]
Le 8 octobre 2026, la Banque annonce pour une future série quatre animaux — macareux moine, effraie des clochers, bourdon terrestre et hérisson d’Europe — tout en conservant le portrait royal. Cette annonce ne retire pas les billets existants. [11]


Quatre coupures, deux faces à comparer
Ces quatre paires documentent les billets en polymère de la Banque d’Angleterre, et non l’ensemble des émissions en sterling. Le £5 appartient à l’émission Élisabeth II de 2016 ; les trois autres paires à l’émission Charles III du 5 juin 2024. Chaque paire réunit les deux faces d’une même émission, sans prétendre montrer un exemplaire physique unique.
Les billets sont visibles en entier. Sélectionnez une face pour ouvrir son fichier local et l’examiner séparément. Les dimensions indiquées sont celles des billets réels ; les images ne sont pas à l’échelle.
£5 Winston Churchill
Émission Élisabeth II · 13 septembre 2016 · Polymère · 125 × 65 mm
Premier £5 en polymère, mis en circulation à cette date.
© Bank of England · SPECIMEN · Fiche officielle et images · Conditions de reproduction
£10 Jane Austen
Émission Charles III · 5 juin 2024 · Polymère · 132 × 69 mm
Première émission de ce modèle en polymère sous Élisabeth II : 14 septembre 2017.
© Bank of England · SPECIMEN · Fiche officielle et images · Conditions de reproduction
£20 J. M. W. Turner
Émission Charles III · 5 juin 2024 · Polymère · 139 × 73 mm
Première émission de ce modèle en polymère sous Élisabeth II : 20 février 2020.
© Bank of England · SPECIMEN · Fiche officielle et images · Conditions de reproduction
£50 Alan Turing
Émission Charles III · 5 juin 2024 · Polymère · 146 × 77 mm
Première émission de ce modèle en polymère sous Élisabeth II : 23 juin 2021.
© Bank of England · SPECIMEN · Fiche officielle et images · Conditions de reproduction
Pourquoi le £5 Élisabeth II ? Au contrôle du 16 octobre 2026, le fichier proposé comme verso Charles III sur la fiche officielle du £5 montre une effigie d’Élisabeth II dans sa fenêtre. Faute de verso Charles III validé dans les ressources consultées, nous présentons ici une paire Élisabeth II cohérente. Les deux émissions restent en circulation. Billets en circulation.
Vérification documentaire : 16 octobre 2026. Images officielles, marquages conservés, reproduction numérique sous conditions ; aucune licence libre n’est revendiquée.
Une même livre et plusieurs traditions d’émission
La particularité héritée de l’histoire écossaise subsiste : six banques commerciales, trois en Écosse et trois en Irlande du Nord, émettent leurs propres billets en sterling. Elles doivent réserver des actifs couvrant au moins leurs émissions, sous le contrôle de la Banque d’Angleterre. Il s’agit de la même monnaie, sans cours de change distinct. [12]
Le legal tender concerne techniquement le règlement des dettes et ne contraint pas un commerçant à accepter n’importe quel billet. Les billets de la Banque d’Angleterre possèdent ce statut en Angleterre et au pays de Galles ; les billets écossais et nord-irlandais circulent par acceptation, sans le posséder, même sur leur territoire. [13]
Les pièces courantes produites par la Royal Mint sont les 1p, 2p, 5p, 10p, 20p, 50p, 1 livre et 2 livres. Un changement de monarque n’invalide pas automatiquement les pièces précédentes. Les émissions commémoratives ou d’investissement, parfois dotées d’un statut monétaire, ne sont pas nécessairement destinées aux achats courants.
La sterling sur le marché international
Le code international GBP identifie la livre sterling. GBP/USD exprime des dollars par livre, et EUR/GBP des livres par euro. Une unité valant plus qu’un dollar ne constitue pas en soi une preuve de puissance : d’autres devises ont une unité plus élevée. Le rôle international s’apprécie plutôt par les échanges, les réserves et la profondeur des marchés.
Dans l’enquête BRI d’avril 2025, la livre est la quatrième devise la plus échangée, derrière le dollar, l’euro et le yen. Elle figure sur un côté de 10,2 % des transactions, contre 12,9 % en 2022. Chaque opération comportant deux monnaies, ces parts totalisent 200 %. [20]
Des pennies d’Offa aux billets de Charles III, la chronologie passe par les pièces d’argent des rois normands, l’or des Plantagenêts, les souverains des Tudors, les billets des Stuarts, l’étalon-or des Hanovre et les transformations des règnes des Windsor. La livre a conservé son nom à travers ces changements, après avoir perdu son ancienne place de première monnaie internationale.
Repères chronologiques
| Date | Règne ou période | Événement |
|---|---|---|
| Vers 775 | Offa de Mercie | Développement des pennies d’argent associés aux origines de la livre |
| Vers 928 | Æthelstan | Organisation d’une monnaie uniforme dans le royaume |
| 1066 | Guillaume Ier | La conquête normande conserve le système de compte anglais |
| Hiver 1124–1125 | Henri Ier | Répression des monnayeurs à Winchester |
| 1158 et 1180 | Henri II | Pennies Tealby puis Short Cross |
| 1257 | Henri III | Tentative de penny d’or |
| 1279 | Édouard Ier | Première émission du groat et regroupement de la frappe londonienne à la Tour |
| 1344 | Édouard III | Florin d’or puis noble |
| 1351 | Édouard III | Développement durable du groat de 4 pence |
| 1489 | Henri VII | Premier souverain d’or valant une livre |
| Vers 1504 | Henri VII | Apparition du testoon de 12 pence |
| 1544–1551 | Henri VIII et Édouard VI | Grand Avilissement |
| 1560–1561 | Elizabeth Ire | Grande refonte de la monnaie d’argent |
| 1603 | Jacques VI et Ier | Union des couronnes anglaise et écossaise |
| 1662–1663 | Charles II | Généralisation de la frappe mécanique et apparition de la guinée |
| 1694 | Guillaume III et Marie II | Fondation de la Banque d’Angleterre et premières émissions de billets |
| 1696 | Guillaume III | Grande refonte des monnaies d’argent et arrivée de Newton à la Monnaie |
| 1699 | Guillaume III | Newton devient Master of the Mint et Chaloner est exécuté |
| 1707 | Anne | Union de l’Angleterre et de l’Écosse et alignement du monnayage |
| 1717 | George Ier | La guinée est fixée à 21 shillings |
| 1797–1821 | George III puis George IV | Suspension de la conversion des billets en or |
| 1816 et 1817 | George III | Réforme légale puis souverain moderne |
| 1821 | George IV | Reprise de la convertibilité en or |
| 1844 | Victoria | Encadrement de l’émission par le Bank Charter Act |
| 1849 | Victoria | Introduction du florin de 2 shillings |
| 1914 | George V | Guerre et interruption du fonctionnement ordinaire de l’étalon-or |
| 1917 | George V | La famille royale prend le nom de Windsor |
| 1925 | George V | Retour à la parité-or d’avant-guerre |
| 21 septembre 1931 | George V | Abandon définitif de la convertibilité en or |
| 1944 | George VI | Conférence de Bretton Woods |
| 1946 et 1947 | George VI | Nationalisation de la banque puis échec de la tentative de convertibilité |
| 18 septembre 1949 | George VI | Dévaluation de 4,03 à 2,80 dollars |
| 1960 | Elizabeth II | Premier portrait royal sur un billet de la Banque d’Angleterre |
| 1966 et 1967 | Elizabeth II | Annonce puis première loi de décimalisation |
| 18 novembre 1967 | Elizabeth II | Dévaluation de 2,80 à 2,40 dollars |
| 15 février 1971 | Elizabeth II | Decimal Day et livre divisée en 100 pence |
| Août 1971 | Elizabeth II | Fin de la conversion officielle du dollar en or |
| 23 juin 1972 | Elizabeth II | Nouveau flottement de la livre |
| 1973 | Elizabeth II | Adhésion à la Communauté économique européenne |
| 1985 | Elizabeth II | La livre approche 1,05 dollar |
| 1986 | Elizabeth II | Big Bang de la City |
| 8 octobre 1990 | Elizabeth II | Entrée dans le mécanisme de change européen |
| 16 septembre 1992 | Elizabeth II | Mercredi noir et sortie du mécanisme |
| 6 mai 1997 | Elizabeth II | Annonce de l’indépendance opérationnelle de la Banque d’Angleterre |
| 1999 et 2002 | Elizabeth II | Lancement de l’euro puis de ses espèces sans participation britannique |
| 23–24 juin 2016 | Elizabeth II | Référendum du Brexit et forte chute de la livre |
| 13 septembre 2016 | Elizabeth II | Premier billet en polymère de la Banque d’Angleterre |
| 7 octobre 2016 | Elizabeth II | Flash crash de la sterling |
| 2017 | Elizabeth II | Pièce de 1 livre à douze côtés et billet de 10 livres en polymère |
| 2020 et 2021 | Elizabeth II | Billets de 20 puis 50 livres en polymère |
| 31 janvier 2020 | Elizabeth II | Retrait officiel de l’Union européenne |
| Septembre 2022 | Charles III | Succession royale et crise du mini budget |
| 5 juin 2024 | Charles III | Mise en circulation des billets au portrait du roi |
Sources et repères de vérification
Texte de départ : History of the British Pound.
- Royal Mint Museum — Penny — histoire du penny et monnayage d’Offa.
- Athelstan Museum — Athelstan silver penny — organisation des ateliers sous Æthelstan.
- Hampshire Cultural Trust — Penny d’Henri Ier frappé à Winchester — contexte de la répression des monnayeurs.
- Royal Mint Museum — Henry VIII silver trial plate et Royal Mint — The Great Debasement and the Tudor Monetary Revolution — altération des titres monétaires sous les Tudors.
- Royal Mint Museum — Charles II — frappe mécanique et guinée.
- Royal Mint Museum — Isaac Newton — fonctions de Newton, refonte et poursuites.
- The Newton Project — Rapport de Newton du 21 septembre 1717 — source primaire sur le rapport entre les monnaies d’or et d’argent.
- Royal Mint Museum — George III et le souverain moderne — réforme et mise en circulation de 1817.
- Banque d’Angleterre — History — repères institutionnels, sortie de l’or, nationalisation, portraits et Mercredi noir ; notamment annulation de la hausse annoncée à 15 %.
- Banque d’Angleterre — Banknotes — coupures en circulation, polymère et coexistence des portraits.
- Banque d’Angleterre — Annonce des quatre animaux de la future série du 8 octobre 2026.
- Banque d’Angleterre — Scottish and Northern Ireland banknotes — six émetteurs et couverture des émissions.
- Banque d’Angleterre — What is legal tender — portée du cours légal et acceptation des espèces.
- Royal Mint — The Oldest Coins Struck by The Royal Mint — groats de 1279 et 1351.
- Parlement britannique — International Monetary Fund du 24 mars 1977 — demande de 3,9 milliards de dollars et approbation du 3 janvier 1977.
- Banque d’Angleterre — Economic commentary de juin 1980 — taux de 17 % en novembre 1979.
- Chambre des lords — Making an independent Bank of England work better — différence entre les objectifs de 1997 et de 2003.
- BRI — Report on sterling flash event — analyse de l’épisode du 7 octobre 2016.
- Banque d’Angleterre — Financial stability buy sell tools a gilt market case study — crise obligataire et intervention de septembre 2022.
- BRI — OTC foreign exchange turnover in April 2025 — rang et part de la sterling dans les transactions de change.
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